Médina de Tunis

Connu sous le nom berbère « oppidum tunicense », la médina de Tunis, élus par l’histoire est un coin paradisiaque privilégiés par ses sites et favorisée par sa géographie. Au départ, rien ne la prédestinait à succéder à sa voisine la puissante Carthage, qui est établie face à la mer, ou à Kairouan, la capitale des aghlabides protégée à l’intérieur des terres et enfin à Mahdia confrontée elle aussi aux dangers de la mer. Cependant, la ville a dû attendre le milieu du XIème siècle pour que la bourgade berbère et par la suite entre le VIII et le IXème siècle la ville militaire des arabes s’érige en chef-lieu d’une principauté locale, revenant aux Banou Khorassane et enfin entre 1229 et 1575, les Hafsides en capitale du royaume.
Aujourd’hui les visiteurs de la médina peuvent encore admirer les monuments historiques et le tissu urbain unique tel que les mausolées, mosquées, fondations pieuses, le renouvellement constant de son style architectural et les monuments publics qui témoignent l’essor considérable de la civilisation arabo-musulmane.

Medina, Tunis
Le 26 Octobre 1979, la médina de Tunis a était inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Cadre Urbain :
Au passé, La médina de Tunis était en effet présentait sous une forme ovale et entourée d’une muraille continue et dominée par le siège du gouvernement Almohado-Hafside ; la Kasbah. Elle s’édifie autour de la grande mosquée Ezzaytouna le centre religieux, ouvrant sur une large esplanade servant à la fois de lieu de réunions publiques, de marché, et de place pour les parades militaires où on trouve au voisinage les Souks des artisans et des marchands qui s’ordonnait. Autour de ces derniers s’élèvent les habitations particulières avec leurs ruelles étroites.
Le tracé des artères de la cité est bien loin d’être rectiligne. Pour donner naissance à des impasses et des ruelles étroites, il dérive très souvent à droite et à gauche. En parcourant la médina et ses faubourgs on a l’impression qu’aucune réglementation précise n’est intervenue dans la construction des habitations ainsi que dans l’alignement des rues depuis 698, le temps de la conquête d’Hassan Ibn Nomâne. En effet, cette belle citée s’est développée sans aucun plan.
Les remparts et les portes appelées Bab:
La médina de Tunis est devenue un vrai carrefour puisque les besoins de circulation routière ont également commandé l’orientation des portes de l’enceinte de la cité. Pour la première enceinte on comptait celle de la Médina centrale, un nombre de 7 portes, quant à la deuxième enceinte celle des faubourgs, elle renferme 10 portes ; 5 pour le faubourg Nord et 5 autres pour le faubourg Sud. Mais avec le temps, l’enceinte de la médina est tombée en ruine jusqu’à ce qu’entre 1860 et 1890, elle finisse par disparaître complètement. Quant à la seconde, elle est encore visible en passant par la Kasbah, depuis Bâb -El- Khadra jusqu’à atteindre Bab-Gorjani.
La fortification de ces remparts étaient doublés d’un fossé creusé à distance et c’est grâce à elle qu’en cas d’attaque, l’accès de la ville était plus difficile.
Parmi les portes, on peu citer:
Bab EL -Bahr: (porte de la mer) : ils l’on appelé de cette façon à cause de sa proximité de la mer et du lac. Et depuis 1890, les européens l’on appelée «porte de France». Certainement, Cette porte remonte à une période plus ancienne de l’histoire de Tunis musulmane ca à travers les siècles, elle a été l’objet de remaniements continuels.
Bab carthaginna; (porte de Carthage) elle a été appelée ainsi parce qu’elle menait à Carthage à travers la route terrestre et elle a disparu bien avant 1881. Cette route était surtout utilisée a l’époque arabe pour transporter des matériaux de construction que l’on retirait des ruines de la vieille cité romaine.
Bab EL Menara: (porte du fanal) son nom revenait à une histoire qui racontait qu’il y’avait une grosse lampe à huile placée dans une niche d’un des piliers de la porte servait a allumer la nuit pour éclairer les caravanes qui longeaient la route des remparts. Selon une autre hypothèse son nom était rapporté par une tradition à cause d’un phare qui surmontait l’ancien palais des Beni Khorassân.
Bab Al-Djazira: (porte de la presqu’île) elle considéré parmi les plus vieilles portes de Tunis, elle est en effet orientée vers le Cap Bon et donne passage aux voyageurs qui se rendaient à Kairouan. Cette porte débouchait à la rue des teinturiers.
Bab Souika (porte du marché) elle fait référence au lieu dans lequel existaient la vente et l’achat de marchandises venues surtout de Béja, Bizerte et du Kef.

Les souks :
Au cœur de la médina de la capitale Tunis, on trouve les Souks, qui sont un ensemble de boutiques, magasins et ateliers édifiés pour la plupart dès le XIIIe siècle mais, certainement la vie artisanale existait bien avant cette date, qui marque le règne des sultans Hafsides. Ils sont regroupés par corps de métier et s’articulent dans un ensemble de rues et ruelles. Très vite, les souks sont organisés selon un schéma simple selon les différentes nuisances inhérentes aux métiers. Les métiers qui sont autrefois appelés nobles se situent près du cœur de la médina, constitué par la partie haute et occidentale de la ville ainsi que la mosquée Zitouna, regroupés là bas car ne causent ni nuisance odorante ou sonore. Le reste des métiers sont relégués vers la partie basse (Bab El Bhar) et orientale de la ville ou dans la périphérie. Et par la suite apparaît ce qu’on nomme une hiérarchie des métiers au sein des souks de la médina.
La kasbah
La Kasbah est devenue un lieu déterminant du pouvoir depuis 893 lorsque le souverain Aghlabide, Ibrahim II avait décidé de quitter Kairouan pour s’installer à Tunis. Conçue comme une cité puissamment, indépendante, séparée de la médina par un mur et fortifiée, elle s’était substituée à la cité dans les domaines militaire ainsi que politique.
La Kasbah est connue comme la plus ancienne caserne de Tunis. Au départ, elle était une citadelle où les remparts s’adossaient à ceux de la Médina.
En 1235, ce lieu extérieur à la ville fut renforcé par l’édification d’une mosquée, que à l’origine s’appelait Mosquée des Almohades.
Les demeures et les palais :
C’est au cours des siècles passés que certaines habitations de la Médina ont été construites, et aujourd’hui elles sont ouvertes au public.
On les appelle les «Dyar» en arabe ces belles demeures abritent aujourd’hui les institutions publiques et les associations.
Les Mosquées :
La mosquée de Youssef Dey: elle est Située dans la rue de Sidi Ben Ziyad sur le quartier proche de la Kasbah. Cette mosquée relève d’une influence orientale ottomane de point de vue architectural.
La Mosquée de Hamouda Pacha: Elle est située non loin de la demeure de Hamouda Pacha et du palais du Bey. Elle constitue l’une des plus belles mosquées de Tunis et offre d’étroites analogies avec le modèle architectural de la mosquée Youssef Dey.
Mesjed EL-Koubba: La porte qui sert d’entrée à cette petite mosquée aujourd’hui était avant un édifice constitué d’une coupole à claire-voie. En effet, l’intérêt de ce monument est dû essentiellement à son histoire.
La grande mosquée EZ-Zitouna ou Zitouna :

Située au cœur de la ville et connue universellement sous le nom de Jamâa EZ-Zitouna ce qui veut dire Mosquée de l’olivier. Elle est le plus vénérable et le plus vaste sanctuaire de Tunis.

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