Djerba

Djerba ou Jerba est une île de 514 km2 qui se situe au sud-est du golfe de Gabès au sud-est de la Tunisie. C’est la plus grande île des côtes d’Afrique du Nord. Sa principale ville, Houmt Souk, rassemble à elle seule 45 mille des 140 mille Djerbiens. Elle aurait été traversée par Ulysse. Plusieurs comptoirs et villes y fut construits par les Carthaginois et les Romains. Ces derniers y ont développé l’agriculture et le commerce portuaire. Passée successivement sous domination vandale, byzantine puis arabe, Djerba s’est transformé depuis les années 60 en une destination de tourisme hors paire marquée par deux communautés musulmane et juive vivant en paix dans un milieu très riche en traditions populaires très colorées.

Djerba

Bien que le climat de Djerba est de type méditerranéen, il est à tendance semi-aride. La température annuelle moyenne y est de 19,8 °C, les moyennes mensuelles ne dépassant guère 30 °C ni ne descendant au-dessous de 8 °C. En été, la moyenne maximale atteint 32,7 °C mais la chaleur se trouve atténuée par la brise marine, tandis qu’en hiver, les moyennes mensuelles dépassent 12 °C. On parle ainsi de la « cinquième saison » à Djerba.

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Histoire

Djerba a connu beaucoup migrations entre la mer Égée et le golfe des Syrtes qui ont introduit la culture des oliviers vers 1500 av.J.-C.. l’île produit beaucoup de fruits, de blé, d’orge et la terre est fertile. Etant très dépendante de Carthage par la suite, elle abrite beaucoup de comptoirs d’échanges commerciaux du bassin méditerranéen. Cette prospérité avec les Phéniciens dure plus d’un demi millénaire. Les contacts entre l’île et les Romains commencent lors de la première guerre punique; une première expédition contre Carthage y est envoyée en 253 av. J.-C..Cependant, ce n’est qu’en l’an 6 ap. J.–C., que débute la colonisation directe dans la zone syrtique. l’île compte alors deux villes: Meninx et Thoar. L’île a été envahi ensuite par les Vandales puis par les Byzantins. En 665 elle tombe aux mains des Arabes dirigés par Ruwayfa ibn Thâbit Al Ansari. Plusieurs fouilles archéologiques menées par des universitaires américains, italiens et tunisiens entre 1996 et 2000 ont trouvé 250 sites archéologiques comportant un nombre de villas puniques et romaines.
l’île devient indépendante suite à l’invasion de l’Ifriqiya par les Hilaliens venus d’Égypte et se convertit à la piraterie. Occupée successivement par les hammadides, Normands de Sicile, Aragonais, Espagnols et Ottomans entre 1135-1560. Ces quatres siècles ont connus beaucoup de lutte et de massacre de chrétiens et de musulmans. En 1134, profitant de la situation troublée de l’Ifriqiya, les troupes normandes du royaume de Sicile s’emparent de l’île qui tombe sous la domination du roi Roger II de Sicile puis de son fils et successeur Guillaume le Mauvais. Après une révolte écrasé dans le sang en 1154, seule une invasion almohade en 1160 parvient à chasser les Normands de Djerba et du littoral tunisien. l’île devient un domaine féodal dirigé par une succession de seigneurs durant la seconde période. en 1311,une famine sévit durant des mois, ce qui oblige les habitants à se révolter. Avec l’aide des Hafside de la Tunisie, Abû Yahyâ Abû Bakr al-Mutawakkil reprend l’île aux chrétiens aux environs de 1335. Après plusieurs tentatives d’attaque de l’île par les Siciliens, Les musulmans construisent une forteresse dans le nord de l’île appelée Borj Al Kebir. La ville de Houmet Souk se développera aux alentours. Les tribus arabes envahissent la Tunisie pendant l’époque ziride, cependant, Djerba échappe au contrôle de ces nomades. En 1500, l’île passe sous occupation ottomane, puis, elle devient un contexte de rivalité stratégique entre Ottomans et Européens. Durant la Bataille de Djerba du 9 au 15 mai 1560, la flotte ottomane mène une grande victoire contre une flotte européenne composée de navires espagnols, napolitains, siciliens et maltais. En 1705, avec l’établissement de la dynastie des Husseinites le bey de Tunis est dorénavant représenté sur l’île par un cheïkh et des caïds recrutés au sein des familles locales les plus influentes. La famille devenue dominante est celle des Ben Ayed de la seconde moitié du XVIIe siècle aux XVIIIe et XIXe siècles.

Les troupes françaises occupent Borj El Kebir, à Houmt Souk en 1881, et y restent jusqu’en 1890, date à laquelle l’administration de l’île passe à l’autorité civile. En 1956, la Tunisie accède à l’indépendance et Djerba devient une délégation dépendant du gouvernorat de Médenine. Le visage de l’île a beaucoup changé depuis les années 1960 : zone touristique, extension de l’aéroport et des localités, élargissement des routes ou encore installation de pylônes électriques.

Architecture et urbanisme

Ayant eu à subir des attaques répétées venant de la mer tout au long de l’histoire, les Djerbiens, se sont éloignés des côtes et dispersés dans la campagne à l’intérieur de l’île : le bâti est donc, en général, isolé et dispersé et se structure selon une organisation hiérarchique de l’espace basée sur le menzel, terme signifiant « maison » en arabe littéral. L’héritage architectural essentiel de Djerba réside avant tout dans ses nombreuses mosquées (plus de 300 avec moins de la moitié encore en usage), la dispersion de l’habitat étant à l’origine de la construction de nombre de d’entre elles. À Houmt Souk, il existe plusieurs fondouks à l’architecture particulière réunis dans l’ancien quartier maltais dont certains ont été transformés en petits hôtels ou auberges. Les couleurs dominantes des habitations djerbiennes sont le blanc vif pour les murs et les toits et le bleu ciel ou plus rarement le vert bouteille pour les portes et fenêtres. D’autres couleurs ont commencé à apparaître depuis l’installation d’habitants venant de l’extérieur de l’île et de la construction de maisons de prestige par les Djerbiens immigrés. À Djerba, on préserve encore une harmonie urbaine puisqu’il est interdit de construire plus de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée et du sous-sol. La campagne djerbienne marque par son silence profond que plusieurs visiteurs célèbres ont mentionné, On cite parmi eux, Simone de Beauvoir qui a déclaré que « c’est l’endroit le plus silencieux du monde ».

Économie
Elle est traditionnellement mixte, fondée sur la complémentarité des ressources du sol, de la mer et de l’artisanat. l’agriculteur peut être pêcheur ou artisan une partie de l’année voire de la journée tout en étant commerçant. Toutefois, le Djerbien est avant tout un commerçant prêt à quitter son île natale pour mener son activité commerciale. Cependant, dès les années 1940, seuls 4 % de l’ensemble des négociants djerbiens sont installés sur l’île. 96 %, tiennent boutique dans le bassin méditerranéen depuis le littoral atlantique jusqu’aux rives du Bosphore. Ils sont épiciers, merciers, marchands de tissus, de couvertures, de chéchias, de poteries, cafetiers, coiffeurs, etc. En 1961, on a estimé à 1 067 412 dinars tunisiens l’apport des djerbiens vivant hors de l’île, soit 42 % de l’ensemble de la valeur des productions et services djerbiens, l’agriculture en représentant 17 %. En 1998, on situe l’apport des Djerbiens vivant à l’étranger entre 20 et 25 millions de dinars par an alors que les ressources dérivées de l’agriculture ne représentent plus qu’entre 2 et 4 % des ressources globales de l’île, ce chiffre monte vingt fois plus pour les activités touristiques.


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